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A l'issue du vote des militants au second tour de l'élection, Michèle Alliot-Marie est devenue avec 62% des voix, la présidente du Rassemblement pour la République, le parti gaulliste crée en 1976 par Jacques Chirac, battant ainsi Jean-Paul Delevoye qui n'aura recueilli que 37% des suffrages. Pour la première fois de l'histoire du mouvement gaulliste, le choix du président incombait aux militants : 70% d'entre eux se sont d'ailleurs rendus aux urnes. A l'issue du premier tour, M. Delevoye était sorti en tête talonné de près par Mme. Alliot-Marie. Toutefois la consigne de vote lancée par Patrick Devedjian et François Fillon en faveur de " MAM " laissait présager pour celle-ci une avance au second tour. Il semble que Jean-Paul Delevoye air été desservi par son statut de candidat officiel de l'Elysée, les militants préférant élira quelqu'un de moins marqué et plus indépendant tout en soutenant le chef de l'Etat. A l'heure où la France s'ouvre à la parité, Michèle Alliot-Marie est la première femme présidente du RPR depuis sa création il y a 23 ans. Elle prend la tête d'un parti très mal remis de la dissolution de 1997 et devra le mener vers les élections municipales mais aussi et surtout vers les présidentielles de 2002, tout en jouant son rôle d'opposition. Pour cela, " MAM " a du se construire une équipe dont la composition était très attendue puisque la nouvelle présidente voulait y représenter l'ensemble des tendances du RPR. L'équipe annoncée en décembre, composée de 23 personnes parmi lesquelles 9 femmes dont Rosine Bachelot ou Françoise de Panafieu, pourrait s'agrandir dès le mois de janvier. Il est à noter que dans cette équipe aucune des grandes figures du mouvement n'est présente. Toutefois, Michèle Alliot-Marie a laissé une place à ses deux adversaires du premier tour qui ont ensuite appelé à voter en sa faveur : François Fillon et Patrick Devedjian, nommés respectivement conseiller politique et porte parole également en charge de l'action politique. Le sénateur de la Haute-Loire, Adrien Gouteyron est nommé secrétaire général du mouvement gaulliste. Roselyne Bachelot est en charge de la " présence du mouvement dans la société ", comme l'a elle-même défini Mme Alliot-Marie, tandis que Françoise de Panafieu a la responsabilité des relations internationales. Parmi les secrétaires nationaux on retrouve François Baroin qui avait accompagné Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995. La nouvelle présidente a également prévu qu'elle pourrait confier certaines missions à son rival du second tour, Jean-Paul Delevoye. Ainsi, avec cette équipe, Michèle Alliot-Marie compte partir en croisade contre le gouvernement de Lionel Jospin et remplir pleinement le rôle d'opposition et de parti présidentiel.
Michèle Alliot-Marie est née le 10 septembre 1946. Après des études brillantes de droit, passionnée des pays d'Afrique, elle entre en 1972 au cabinet d'Edgar Faure alors ministre des affaires sociales, enchaînant par la suite des postes dans les cabinets ministériels. A la fin des années 1970, elle devient la suppléante de Bernard Marie, son père, au poste de député des Pyrénées-Atlantiques. En 1981, elle crée l'association de défense des droits et des libertés et devient secrétaire nationale du RPR en charge du dossier de la fonction publique et par la suite de l'enseignement. En 1986, elle est élue à son tour députée des Pyrénées-Atlantiques et est également nommée dans le gouvernement de Jacques Chirac au poste de secrétaire d'Etat chargée de l'enseignement. Après un échec à la succession de son père à la mairie de Biarritz , elle devient conseiller général de Saint-Jean-de-Luz puis maire en 1995. De 1993 à 1995, elle est rappelée au gouvernement par Edouard Balladur, alors qu'elle était députée européen, pour emplir les fonctions de ministre de la Jeunesse et des Sports. Alors qu'elle prenait en charge ses fonctions de présidente du RPR, MAM était encore maire de Saint-Jean-de-Luz, députée des Pyrénées-Atlantiques et vice présidente du conseil général de ce même département présidé par François Bayrou. C'est d'ailleurs ce dernier mandat qu'elle devrait abandonner. (source Le Monde) Aurélie Gritun |