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Les élections générales du 3 octobre dernier, ont vu des bouleversements politiques majeurs avec notamment l'émergence forte du parti d'extrême droite de Jorg Haider, le FPÖ, devenu la seconde force politique d'Autriche. La poussée du FPÖ vient remettre en cause l'existence depuis 13 années de la coalition gouvernementale composée du parti social démocrate, le SPÖ, du chancelier sortant Viktor Klima ainsi que du parti conservateur, ÖVP, de Wolfgang Schnessel. Bien que le SPÖ ait connu un fort recul dans ces élections, il n'en reste pas moins le premier parti autrichien avec 33.4% des voix. Viktor Klima a d'ailleurs été chargé de la réflexion pour la création d'un nouveau gouvernement. En revanche, l'affaire est plus compliquée pour les conservateurs de l'ÖVP qui avaient annoncé, avant le scrutin que s'ils devenaient la 3ème force du pays, ils quitteraient la coalition gouvernementale pour passer à l'opposition. Le 12 octobre, lorsque les résultats officiels ont été publiés, l'ÖVP s'est tenu à ses propos et a annoncé qu'il quittait le gouvernement et ce, même si l'écart qui le sépare du FPÖ de Jorg Haider n'est que de 415 voix. Viktor Klima a donc devant lui des choix difficiles et cruciaux à faire. Il devra former un gouvernement, même s'il a totalement exclu d'entrer en discussion avec le FPÖ. Le chancelier sortant aimerait pouvoir convaincre les conservateurs de revenir sur leur décision et ainsi participer au "partenariat de réforme " pour lequel il a toujours milité et dans lequel pourraient prendre place les Verts qui ont également réalisé leur meilleur score avec 7.1% des voix. Jorg Haider s'attend cependant à ce que son parti soit associé au gouvernement même s'il a exclu, pour lui-même, d'y participer. Si le chef de file du FPÖ a adouci le ton ces dernières années, il n'a pas toujours modéré ces propos. Fils de nazi, Jorg Haider a régulièrement défrayé la chronique en vantant notamment à plusieurs reprises la politique du IIIème Reich ou encore en qualifiant les camps de concentration de "camps disciplinaires ". Depuis avril dernier, il est redevenu gouverneur de la Carinthie et impose un style résolument jeune et dynamique. Après les négociations de Viktor Klima, si le FPÖ fait partie de cette coalition gouvernementale, l'Autriche serait le seul pays européen où l'extrême droite serait présente au gouvernement ce qui l'isolerait du reste de la communauté. De plus, cette montée du FPÖ pourrait également avoir des répercussions sur le plan international puisque certains pays se sont déjà déclarés inquiets, c'est le cas des voisins européens ainsi que Israël et des Etats-Unis. Aurélie Gritun |