ADSL : l'internet rapide

L'ADSL (pour asymetrical digital subscriber line soit en Français : ligne numérique à paire asymétrique) va certainement faire parler de lui dans les mois à venir et la raison en est simple. Concrètement il permet d'accéder au net en utilisant le réseau téléphonique classique et ce à un débit constant, plus élevé que le réseau RNIS* (Numéris) ou la câble. Théoriquement il permet de recevoir des données à raison de 500 Ko par seconde (soit 10 fois plus qu'avec une ligne RTC* à 56.6 Kbps) et d'en envoyer jusqu'à 10 Mo par seconde. Imaginez les applications rendues possibles par cette nouvelle technologie, initialement conçue pour transporter de la TV numérique : courrier électronique reçu en temps réel, vidéo visionnée dans d'excellentes conditions, réception du son en qualité CD et de la radio FM, jeu en réseau plus rapide et fluide, affichage rapide d'images en haute résolution ( en ADSL il faut 4 s pour transférer une image de 2 Mo contre 1 mn en RTC 28.8 Kbps). Outre la rapidité, l'ADSL offre un véritable confort d'emploi. Il permet grâce à une seule et même ligne téléphonique de naviguer sur le net tout en téléphonant. Plus besoin d'une seconde ligne consacré a Internet et pas besoin non plus d'une nouvelle installation téléphonique : l'ADSL utilise le réseau téléphonique classique déjà existant.

Les performances finales sont en fait fonction de la distance séparant l'abonné du central téléphonique, l'ADSL impose que les équipements d'accès soient localisés à environ 3 km de l 'abonné. France Télecom devra donc installer des équipements ADSL sur plus de 1000 points de présence pour étendre sa couverture géographique à environ 500 villes. Pour l'instant seules les villes de Nice, Le Mans, Bourges, Rennes et Noisy le Grand sont couvertes. Tout le monde ne pourra donc pas bénéficier de l'ADSL tout de suite. Autre inconvénient de l'ADSL, mais inhérente à toute nouvelle technologie, le prix. Si les entreprises peuvent assumer le coût de l'ADSL, il n'en va pas de même pour les particuliers.

Il faut avant tout payer un abonnement forfaitaire à France Télecom de 265 F/mois pour accéder au réseau ADSL (comme on paye notre abonnement téléphonique pour utiliser le réseau RTC). Ajoutez ensuite les frais d'installation chez l'abonné d'un filtre (pour séparer le téléphone du trafic ADSL, c'est-à-dire pour séparer la voix des données) et d'un premier modem ADSL ainsi qu'un second modem dans le central téléphonique. Coût 775 F. Comptez ensuite l'abonnement à un fournisseur d'accès à Internet, soit entre 300 et 400 F, sans oubliez le prix du modem ADSL (environ 2000 F ou 45 F/mois si vous le louez) et les frais d'inscription et de dossier. Au total Internet par l'ADSL revient à 600 F/mois, ce qui en dissuadera plus d'un. A ce prix toutefois vous n'aurez pas à rajouter le coût des communications téléphoniques car vous êtes connecté 24h/24 sans surcoût, comme pour le câble. Enfin il est à noté que les prix ne pourront diminuer avant 2ou 3 ans, date à laquelle sera disponible la version dites G-Lite de l'ADSL qui ne nécessitera plus l'installation chez l'abonné du filtre (indiqué plus haut) et donc l'intervention d'un technicien, ce qui devrait réduire les coûts. Et d'ici là peut être que les fournisseurs d'accès auront revu leur tarif à la baisse.

L'ADSL, de par ses perspectives alléchantes, devrait à long terme s'imposer comme le meilleur choix pour accéder à Internet, il reste pour le moment réservé aux entreprises et aux internautes aisés ou se connectant en moyenne 50 h/mois.

* RTC : Réseau Téléphonique Commuté, c'est le réseau téléphonique classique
* RNIS : Réseau Numérique à Intégration de Services : liaison numérique d'excellente qualité et autorisant des transferts jusqu'à 128 Kbps contre 56 pour le RTC

Anthony Brebion

 
 
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