RPR : le point sur les candidats

Depuis la dissolution de l'Assemblée en 1997 et les élections européennes de juin dernier, le RPR est à la recherche d'une identité propre afin de reprendre son rang de parti "présidentiel ". Le 15 novembre prochain, les militants du Rassemblement pour la République auront à choisir leur président ; un poste qui aura vu se succéder de nombreux ténors politiques comme Edouard Balladur, Charles Pasqua, Alain Juppé ou Philippe Séguin.

Celui qui avait assuré l'intérim lors du départ de Philippe Séguin, Nicolas Sarkosy, alors secrétaire général du mouvement, a annoncé le 13 septembre qu'il ne serait pas candidat à la présidence du RPR. Après avoir longuement réfléchi le maire de Neuilly, sur les conseils du chef de l'Etat, n'avait pas souhaité se lancer dans la bataille pour la tête de la formation gaulliste. Le président de la République l'aurait convaincu qu'il devait attendre en retrait que son heure vienne.

Alors que la date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 4 octobre, 6 candidats se sont d'ores et déjà déclarés dans cette élection. Le candidat qui semble être le candidat officiel de l'Elysée n'est pas le plus connu des postulants : il s'agit de Jean-Paul Delevoye, sénateur du Pas-de-Calais et président de l'association des maires de France. Beaucoup disent qu'il est le candidat idéal pour Jacques Chirac : c'est un homme discret sur la scène politique mais présent sur le terrain et notamment en province. De plus, son statut auprès des maires de France pourrait permettre de rallier les maires français à la cause du président de la République dans la perspective des élections présidentielles de 2002.

Toutefois, bien qu'étant soutenu par l'Elysée, Jean-Paul Delevoye n'en reste pas moins méconnu des militants du RPR qui devront élire le président du mouvement. De plus, il devra affronter 5 autres candidats dont 3 d'entre eux sont bien connus dans la vie politique : François Fillon, député de la Sarthe et proche de Philippe Séguin ; Patrick Devedjian, député des Hauts-de-Seine et actuel porte-parole du RPR ainsi que Michèle Alliot-Marie, député des Pyrénées-Atlantiques et dernière candidate à s'être déclarée. Auprès d'eux, deux autres candidats se sont engagés même si leurs candidatures font plus figure de présence, c'est le cas de Renaud Muselier, député des Bouches-du-Rhône et de Michel Bulté, député de Paris.

Bien qu'étant le témoignage de la démocratie dans le mouvement gaulliste, la multiplicité des candidatures pose le problème de la création de clans avec le "candidat " de l'Elysée (J-P. Delevoye), un séguiniste (F. Fillon) et un ancien balladurien (P. Devedjian). Dans un parti en difficulté suite aux échecs auxquels il a dû faire face, la division en clans au sein de la formation ne semble pas profiter à une véritable union. De plus, le président de la République a lui-même crée le RPR en 1976, le mouvement doit donc tenir une certaine ligne politique de soutien à Jacques Chirac ainsi, il doit adopter une image de parti uni et soudé derrière la personnalité du chef de l'Etat. Jean-Louis Debré, président du groupe RPR à l'Assemblée Nationale, a lui-même rappelé dans un discours au palais du Pharo à Marseille le 25 septembre, lors d'une réunion des parlementaires du RPR, que ces élections ne devaient pas desservir le président de la République et a déclaré "nous avons le devoir de protéger Jacques Chirac ". Le chef de l'Etat ne doit pas selon lui, entrer dans cette lutte intestine pour la présidence du parti, il doit rester le président de tous les Français. Les candidats pour la tête du RPR devront donc défendre des idées, un programme tout en restant au-dessus des luttes de clans pour ne former qu'un seul corps derrière le chef de l'Etat.

Louise Alizée

 
 
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