Les ouragans de l'Atlantique

Ils naissent sur les cotes d'Afrique, de l'ouest du Sahara à la Gambie, à l'état de violents orages tropicaux. Des qu'ils atteignent l'océan ils s'alimentent de son eau tiède et commencent leur rotation. Ils deviennent ouragans dès que la vitesse de rotation de leurs vents atteint120 km/h et ils sont alors baptisés : Andrew, Floyd, Irène, Jose ... La saison la plus propice à leur éclosion s'étend de juin à octobre - avec une intensification en août et septembre. Une fois nommés, ils sont catégorisés, répertoriés, analysés, suivis de près car comme les humains ils grandissent et font leur chemin sur l'Atlantique, à l'assaut des Antilles et des Amériques. Ils voyagent à une vitesse de croisière variant de 20 km/h à 40 km/h. Au cours de ce voyage leur vitesse de rotation s'intensifie ou se relâche s'ils rencontrent une masse d'eau froide.

Depuis quelques années les services météorologiques nationaux, dont les services américains et français, ont appris à les connaître jusque dans leur intimité. Ces monstres dont le diamètre peut atteindre 100 à 150 km, ont en leur centre une colonne vide d'activité que l'on connaît sous le nom d'œil, d'un diamètre de 30 km en moyenne et d'une profondeur pouvant atteindre 10 km. Les parois de cette colonne sont composées d'une dense humidité et d'eau chaude ascendante extraite de l'océan. La vitesse de rotation des vents aux environs de cette paroi est la plus puissante de l'ouragan - et c'est dans cet "œil "que des avions du service météo viennent prendre les informations nécessaires à la connaissance complémentaire de l'ouragan. Les pilotes n'ont qu'un souci : ne pas trop s'approcher de la paroi destructrice.

Sur terre nous sommes avisés 36 h avant son arrivée avec des informations constantes sur son évolution : les dés sont jetés. Il faut se préparer a le subir. Cela consiste à faire des provisions alimentaires et protéger ses biens. Les auvents sont baissés, les objets qui pourraient devenir dangereux mis a l'abri et bien d'autres mesures préventives sont prises. Certaines zones sont vidées et mises sous sévère protection, et interdites à toute circulation, pour éviter en plus de la catastrophe, les pillages. Des abris publics (écoles, bâtiments administratifs) sont ouverts aux délogés . Et l'attente commence .

L'anxiété s'installe, augmentant avec l'approche de l'indésirable ! Les premiers vents se manifestent sous forme de petites tornades interrompues de calmes étonnants. Malheureusement, cela ne dure pas... Les vents s'intensifient régulièrement jusqu'à devenir violents et constants. On souhaite alors ne pas être dans son œil. Entre temps l'électricité fait défaut et l'on redécouvre le charme des bougies. Et puis ce vent violent qui, sans répit, semble s'installer dans votre vie : les branches d'arbres craquent, on les entend tomber et rouler sous le vent dont les sifflements vous enveloppent, sans répit. Quelquefois, pour varier, cela devient plus violent et l'on se demande si la toiture tiendra. Pour agrémenter le tout, des rafales de pluie s'abattent et tapent violemment contre les auvents. Très impressionnant ce mélange rageur d'eau et de vent .Il ne manque que le feu pour devenir cauchemar.

Et je n'ai vécu qu'un ouragan catégorie 1, et encore sans être dans le direct passage de l'œil. J'ai par contre eu l'occasion de m'entretenir avec des gens qui ont vécu (ou survécu ) ANDREW, catégorie 4. On lit encore dans leurs yeux l'expression de la terreur. Certains me l'ont décrit comme l'impression d'avoir plusieurs trains traversant leur maison ou comme simplement la fin du monde. Apres l'ouragan, on établit le bilan. Andrew, il y a 10 ans, a dévasté des dizaines d'hectares. Les maisons mobiles - ou préfabriquées - déchiquetées, éparpillées, broyées. Les maisons faites de bloc de ciment résistèrent mieux mais la plupart des toits étaient envolés. C'était un ouragan " catégorie 4 " et l'on se demande comment il n'y a pas eu plus de morts . On a survécu parce que l'on était réfugié dans un placard ou le vent n'avait pas assez de prise pour nous emporter... voilà ce que l'on entend des survivants. Les arbres déchiquetés et les débris jonchent le sol, inanimés enfin. Cela retarde les équipes de sauveteurs.

Les hommes, émergent lentement de leurs abris et errent hagards devant ce paysage Dantesque. Ceux qui ont vécu ce cauchemar restent marqués pour la vie. Et puis vient la période de survie. On s'affaire à essayer de récupérer, dans ce fouillis, ce que l'ouragan aura épargné. Et puis les vautours commencent à roder, proposant le verre d'eau et le pain à cent fois leur valeur mais il y a aussi les remplis de compassion qui aident a rebâtir pour rien.

Andrew est passé violemment mais vite, sans laisser beaucoup d'eau. D'autres comme Floyd (catégorie 1) sont passés lentement déversant au passage des tonnes d'eau et par conséquent provoquant des inondations catastrophiques. Ces catastrophes naturelles nous rappellent que la nature est souveraine et nous invite à une grande leçon d'humilité.

André Toid

 
 
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