DSK : des remous politiques

Au delà du volet politique de sa démission, le départ de Dominique Strauss-Kahn du ministère des finances fait perdre à Lionel Jospin l'un des piliers de son gouvernement.

En effet, en plus d'effectuer la mission de ministre de l'économie, " DSK " était un personnage charismatique du gouvernement aussi bien au niveau national qu'international.

Dès l'annonce de sa démission, le 2 novembre, les réactions politiques ne se sont pas faites attendre. L'après-midi même, Lionel Jospin a annoncé le départ de son ministre ainsi que le nom de son remplaçant, Christian Sautter, jusqu'alors secrétaire d'Etat au budget, en ajoutant qu'il l'assurait de son " amitié fidèle ".

Le lendemain, le ton est monté d'un cran dans la cohabitation entre Jacques Chirac et le premier ministre. En effet, à une question d'un député RPR qui laissait entendre une quelconque implication du premier ministre et d'autres dirigeants socialistes dans l'affaire de la MNEF, Lionel Jospin s'est empressé de répondre en attaquant le chef de l'Etat sur fond d'affaires à la mairie de Paris : " personnellement, politiquement, fonctionnellement, je suis totalement étranger à la MNEF. Si vous cherchez un système organisé, où fonctionnement institutionnel et fonctionnement partisan, où gestion d'une structure et avantages personnels ont été intimement liés pendant 20 ans (…) ne regardez pas de mon côté ! ".

Quelques heures après les déclarations du premier ministre ainsi que celle de François Hollande, premier secrétaire du PS, " quand on cherche Jospin, on trouve Chirac ", le service de presse de l'Elysée a publié un communiqué du chef de l'Etat appelant Lionel Jospin a plus de maîtrise et de sang froid.

Ces affrontements illustrent bien le dicton " un seul être vous manque et tout est dépeuplé ". La droite parlementaire a ensuite décidé d'opter pour le profil bas en évitant de nouveaux coups d'éclats dans l'hémicycle en recentrant le débat sur la réforme de la justice et le respect du secret de l'instruction.

Toutefois, la situation n'était pas pour autant plus calme au sein de la majorité plurielle notamment, suite aux déclarations du député communiste et vice-président de la commission d'enquête parlementaire sur la MNEF, Maxime Gremetz, le 4 novembre au matin, mettant en cause des députés socialistes qui auraient bénéficié de " largesses " de la part de la MNEF, avant de se rétracter en s'excusant, en fin d'après-midi. Il annonçait une probable mise en examen des députés PS, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen et Julien Dray. Ce dernier a d'ailleurs porté plainte contre le député communiste.

Le dimanche 7, Jean-Pierre Chevènement, dans l'émission 19h Dimanche sur TF1, a déclaré que Dominique Strauss-Kahn n'aurait pas du démissionner, considérant que le dossier MNEF, à son encontre était trop léger et dénonçant les informations reprises par la presse.

La démission de " DSK " est la quatrième démission d'un ministre en activité avec l'application de la jurisprudence " Beregovoye - Balladur " qui veut qu'un ministre démissionne dès lors qu'il est impliqué dans une affaire judiciaire. Toutefois, le premier ministre lui-même a laissé entendre que Dominique Strauss-Kahn pourrait revenir aux affaires.

Louise Alizée

 
 
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